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5.2.2. LA RÈGLE APSAD R17 : SYSTÈMES DE DÉSENFUMAGE NATUREL |
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La règle APSAD R17 concerne l'installation et la maintenance des systèmes de désenfumage naturel (SDN). Ces systèmes impliquent la mise en place de dispositifs d'évacuation naturelle de fumée et de chaleur montés en toiture ou en façade (DENFC). Les DENFC sont des dispositifs télécommandés et auto-commandés qui comprennent les exutoires de fumées et de chaleur et les ouvrants de façade. Elle concerne tous types de bâtiments, à simple rez-de-chaussée ou à plusieurs niveaux (étages et sous-sol).
Conception
Afin d'optimiser son efficacité en cas d'incendie, une installation de désenfumage doit être conçue en tenant compte des paramètres relatifs au dimensionnement du local et à la (aux) catégorie(s) de risque(s) présent(s).
Pour concevoir l'installation, il convient, dans un premier temps, de déterminer le classement du risque présent en fonction des activités et des marchandises. Une annexe de la règle, issue de la règle APSAD R1 (Systèmes d'extinction automatique à eau, type sprinkleurs - règle d'installation) permet d'effectuer ce classement (celui-ci tient compte du classement des emballages). La règle donne ensuite une correspondance entre la catégorie de risque et le groupe à considérer en fonction de la hauteur de stockage.
La conception de l'installation doit permettre de définir :
- Les cantons de désenfumage
Ce sont des volumes libres compris entre le plancher bas et le plancher haut, ou le faux-plafond, ou la toiture, et délimité par les écrans de cantonnement.
Les locaux de plus de 2 000 m2 ou de plus de 60 m de long doivent être découpés en cantons, aussi égaux que possible. Leur superficie est comprise entre 1 000 et 1 600 m2.
- Les écrans de cantonnement
Les écrans de cantonnement sont des séparations verticales placées en sous-face de la toiture, du plancher haut ou du faux-plafond destinées à délimiter les cantons de désenfumage et à s'opposer à l'écoulement latéral de la fumée et des gaz chauds de combustion. Ils peuvent être constitués par des éléments de structure, des écrans fixes, rigides, mobiles ou flexibles. Ils doivent s'opposer au mouvement des fumées vers les trémies mettant en communication plusieurs niveaux sauf si celles-ci participent au désenfumage. Leur hauteur n'est jamais inférieure à 0,50 m.
- La surface utile de désenfumage
La surface utile de désenfumage est déterminée par un calcul qui tient compte de l'aménagement et des dimensions du canton ainsi que de la catégorie de risque présent.
Dans un local dont la hauteur de référence est supérieure à 8 m et dont la plus grande dimension n'excède pas 60 m, l'absence d'écran de cantonnement est admise. Dans ce cas, la surface utile de désenfumage doit être déterminée pour une épaisseur de la couche de fumée égale à 1 m en calculant tout d'abord le taux α .
La surface utile de désenfumage est égale à la surface du canton multipliée par le taux α . Plusieurs critères interviennent dans la détermination de ce taux : la hauteur de référence, la hauteur libre de fumée, l'épaisseur de la couche de fumée et le groupe de risque déterminé selon la catégorie de risque. Le taux applicable à un canton de désenfumage donné est défini dans un tableau de la règle.
- La surface libre des entrées d'air
Il s'agit de la surface réelle de passage de l'air, inférieure ou égale à la surface géométrique d'ouverture, tenant compte des obstacles éventuels (mécanismes d'ouverture, grilles...).
- Les éléments constitutifs de l'installation
- L'implantation de ces éléments constitutifs dans le local
Les caractéristiques des éléments constitutifs d'une installation de désenfumage (notamment sa conformité avec la norme NF EN 12101-2) et leurs implantations sont détaillées dans la règle.
Principe du désenfumage naturel et terminologie
Réception
La réception de l'installation est un transfert de propriété de l'installateur à l'utilisateur. Elle ne peut avoir lieu qu'après la formation du personnel d'exploitation (deux personnes minimums), la remise du dossier technique et la visite de vérification de conformité par l'installateur.
Le dossier technique comporte les éléments suivants :
- nom et adresse ; - nature du risque protégé ; - description du fonctionnement de l'installation de désenfumage ; - plan de masse ; - plans des zones ; - schémas avec précision de l'échelle ou des dimensions ; - schéma de raccordement unifilaire de tous les organes constitutifs de l'installation par canton ; - note de calcul pour détermination de la surface utile de désenfumage ; - nombre et dimensionnement des DENFC et des entrées d'air ; - notices techniques ainsi qu'une photocopie d'attestation de droit d'usage à la marque NF (si applicable) ; - notices de maintenance ; - notices de mise en uvre et d'exploitation ; - déclarations de conformité CE ; - comptes rendus d'essais ; - carnet de vie de l'installation.
La visite de vérification de conformité comprend notamment une vérification fonctionnelle de l'installation. Elle est sanctionnée par la remise d'une déclaration de conformité (N17) dont le modèle est donné dans les annexes de la règle. Cette opération est réalisée par une entreprise titulaire de la certification APSAD de service d'installation de système de désenfumage naturel. Les conditions d'attribution de cette certification sont régies par les règlements de certification B0 et I17.
Maintenance
Pour un bon fonctionnement du système de désenfumage naturel, une maintenance régulière est recommandée. La norme NF S 61-933 (Systèmes de sécurité incendie - règles d'installation et de maintenance) doit être respectée. La maintenance préventive est réalisée sous la responsabilité de l'assuré par :
- l'exploitant lui-même (s'il possède les qualifications et les moyens nécessaires) ; - une entreprise titulaire de la certification APSAD de service de maintenance de système de désenfumage naturel.
Le bon fonctionnement de l'installation est vérifié au moins une fois par an à travers une simulation et des inspections techniques.
Les inspections techniques comprennent au minimum :
- le contrôle de l'état des liaisons mécaniques, pneumatiques ou électriques ; - la vérification de l'accessibilité aux dispositifs de commande ; - la vérification de l'intégrité du dispositif de commande (scellé présent) ; - la vérification de fonctionnement des dispositifs d'évacuation naturelle de fumées et de chaleur ; - les opérations décrites dans les fiches techniques des fabricants ; - les contrôles des alimentations de sécurité.
A l'issue des vérifications fonctionnelles, un compte-rendu de maintenance et de vérification de fonctionnement doit être établi.
Pour des opérations de maintenance corrective (dysfonctionnement de l'installation), il est recommandé de faire appel à une entreprise titulaire de la certification APSAD de service de maintenance de SDN.
Vérifications périodiques
Les vérifications périodiques sont réalisées au moins une fois par an et comprennent les opérations suivantes :
- examen des documents d'exploitation (dossier technique, registre de sécurité) ; - inspection visuelle de l'installation ; - vérification fonctionnelle de l'installation.
A l'issue de chaque vérification périodique, l'entreprise titulaire de la certification APSAD de service de maintenance de SDN doit délivrer un compte-rendu de vérification Q17 en 2 exemplaires et remis à l'exploitant dans un délai maximal de 30 jours. Il est joint au dossier de l'installation. Les vérifications périodiques sont réalisées par une entreprise titulaire de la certification APSAD de service de maintenance de système de désenfumage naturel. Les conditions d'attribution de cette certification sont régies par les règlements de certification B0 et F 17.
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